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Posté le: 11/09/2008
Nouveautées:

- Mise à jour du programme de la salle de la spectacle.
- Mise à jour de la page de radio.

Posté le: 04/03/2008
Mise a jour du site de l'usine a sons

Posté le: 19/10/2007
Le nouveau programme de l'usine à son est en ligne, consultez-le en cliquant ici

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Derniére mise à jour : 11/09/2008
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LES MAGAZINES SONORES


Ces magazines proposent entre leurs pages traditionnelles (textes et photos) des
disques souples permettant "de lire avec l' oreille". Ces plages sonores étaient un
complément idéal, appréciées aussi par les non-voyants, à une époque où la
notion même de média était encore balbutiante : une seule chaîne de télévision
n' émettant (en noir et blanc) que quelques heures par jour, trois ou quatre stations
de radio dominantes et pas encore de multimédia, mais par contre un équipement
en électrophones allant croissant depuis l' émergence du disque microsillon
quelques années plus tôt...


Sonorama: une idée novatrice


Vers septembre 1958 un certain nombre de professionnels de la publicité et de
ce qu' on appelait pas encore le "marketing" reçoivent le numéro zéro d' un
magazine pour le moins nouveau dans son concept puisqu' il est aussi sonore. Sur
le premier des six disques souples inclus entre les pages, Jean Rostand "nous fait
l' honneur particulier de nous parler son sentiment sur cette nouveauté" (dixit le texte
de présentation). La "Deuxième de couv" (ou verso de la couverture) nous donne
des recommandations pour replier les premières pages de façon à laisser apparaître
le premier disque souple. On pose le tout sur l' electrophone, réglé "à la vitesse de
33 tours 1/3" et il n' y a plus qu' à déposer délicatement le bras du pick-up sur le
premier sillon ; alors la magie commence... Ce numéro zéro est devenu rarissime
et il est aussi (c' est logique) le plus élévé en cotation. Il ne contient presque pas de
textes imprimés et bien sur pas encore de publicités pour laquelle il réserve de
nombreux espaces. Par ailleurs les "récipiendaires" sont aimablement invités "à ne
pas le communiquer, ne pas le diffuser publiquement, ne pas en faire le commerce".
Si on considère sa rareté actuelle, cette recommandation a été suivie d' effets.



La genèse de Sonorama


A l' origine du projet on trouve deux personnages éminents : Louis Merlin, le célèbre
fondateur d' Europe N° 1, ainsi que Ithier de Roquemaurel. Jean-Pierre Castel en
est le rédacteur en chef, les articles porteront au cours des différents numéros les
signatures prestigieuses de Louise de Vilmorin, Pierre Mac Orlan, René Payot, Max
Favalelli, Jean Cocteau... La société éditrice s' appelle "Sonopresse" et son adresse
se situe au 117 rue de Réaumur à Paris (2e). Les documents sonores seront en toute
logique puisés dans le fonds de reportages d' Europe N°1. Le N°1, prévu pour
parution le 25 septembre 1958 verra le jour presqu' en temps et en heure, puisque
daté d' octobre 1958. La belle blonde qui présentait le N° 0 derrière un électrophone
"Teppaz" fait place à une charmante brune se tenant derrière un electrophone "Pathé-
Marconi" (auquel il manque le tapis de caoutchouc) et qui brandit fièrement le vrai
Sonorama N°1, lequel n'a plus peur d'annoncer son prix : 500 F (anciens évidemment !).
La distribution est confiée aux NMPP. Le sommaire se présente sous une forme qui
restera à peu près identique tout au long de la parution, avec 6 disques, cela passera
ensuite à 8, puis 10 gravures sonores. On y trouve pour commencer de l' actualité
théâtrale avec entre autres Madeleine Renaud et Jean Desailly dans "Madame Sans-
Gêne", puis deux faces d' actualités politiques "du 13 mai au 4 septembre en Algérie",
le quatrième disque est consacré au cinéma avec BB (qui deviendra une habituée de ce
magazine), pour la chanson c' est Sacha Distel et Gilbert Bécaud qui partagent la
vedette, et une page "variétés" est consacrée aux Platters. Des textes illustrées de très
belles photos noir et blanc introduisent les plages sonores, ce N° 1 ne contient pas
encore de pub et la dernière de couverture indique, photos à l' appui comment "lire
Sonorama avec l' oreille" et en garantissant "une qualité sonore comparable à celle
des meilleurs microsillons".







BB, une "habituée" de Sonarama




En route pour l' aventure


Le rendez-vous est pris pour le mois suivant avec le N° 2, la machine est lancée...
En novembre 1958, Sonorama est fidèle au rendez-vous promis avec les vedettes de
l' actualité, du spectacle, de la chanson et aussi 7 pages de pubs dont une en dernière
de couverture. A partir de ce moment la vitesse de croisière semble trouvée et la formule
ne changera pas jusqu' en mai 1961, époque ou Sonorama affiche en couverture sa
"formule nouvelle, 8 disques 33 t/m", mais le prix lui, saute à 10 NF (il était déjà passé à
6 NF deux mois plus tôt). Précisons seulement que la photo couleurs a fait son
apparition dans le N° 26 de janvier 61 pour le mariage du roi Baudoin. Cette extension
du support sonore est justifiée dans un éditorial par la consistance de l' actualité en
Algérie (tentative de renversement le 22 avril 1961 par le "quarteron de généraux"),
actualité qui absorbe à elle seule la place de 3 disques souples. Par ailleurs les 8 gravures
sonores sont regroupées au centre du magazine et non plus intercalées entre les pages.
Avec le N° 34 d' octobre-novembre 1961 consacré pour la couverture à Johnny Hallyday
(c' est un des numéros les plus recherchés), apparaît la formule "Spécial 10 plages sonores
et 20 pages illustrées". Ces dix plages sonores sont en fait regroupées toujours au centre
du magazine mais sur 5 disques double-face. Le prix reste fixé à 10 NF. Les N°s 36, 37
et 38 proposent une formule feuilleton avec les mémoires sonores de Marcel Pagnol. Puis
arrive l' été avec son numéro 42 daté de juillet-août 62, en fait ce sera le chant du cygne
pour cette publication originale qui fera plus tard quelques émules, de façon sporadique.


Mort d' un pionnier


Cette belle idée prend donc fin au cours de l' été 1962, les coûts de réalisation étant très
lourds, la formule n' a été rentable qu' au début. A partir du passage à 8 plages sonores,
les ventes sont en chute libre, ce qui explique maintenant la rareté des derniers numéros.
De nombreux problèmes techniques se sont posés tout au long de ces quatre années,
notamment l' insertion des plages sonores pour lesquelles le système (original et breveté)
devait permettre une totale réversibilité, pour ne pas avoir à les détacher du magazine. A
cet effet deux systèmes ont un temps cohabité: la reliure à ressort métallique style carnet
à spirale et la reliure "souple" entièrement en plastique, d'abord à neuf points d' attache,
puis à 6 points d' attache (deux séries de trois), à compter du N° 9 de juin 1959. A noter
que cette dernière trouvaille permettait une meilleure réversibilité et une reliure plus solide.


La famille Sonorama


Avec le N° 15 arrive la famille (limitée à quelques membres) des suppléments de
Sonorama. Le 2 janvier 1960 on apprend la mort du coureur cycliste italien Fausto Coppi.
Ce N° 15 étant bouclé lorsque la nouvelle tombe, ce sera l' objet d'un supplément en 6
pages et une gravure sonore, vendu au prix de 2 NF. Fort de ce succès, voici "Cuisinorama"
édité au printemps 1959 avec en couverture deux vedettes de la télévision : le célèbre
Raymond Oliver et son faire-valoir, la non moins célèbre Catherine Langeais. Côté menu
c' est la sauce Béchamel qui tient la vedette avec un rappel de ses nobles origines dues à un
certain Marquis de Béchameil... Le tout est enlevé bon poids en 5 disques souples. Ce N°1
ne connaîtra apparement pas de lendemains. Le ton est donné et en mai 1960 arrive
"Théâtrorama N° 1" présenté comme le "supplément au N° 19 de Sonorama". A l' affiche
de cet opus présentant la même pagination et le même nombre de disques: "L' hurluberlu",
de Jean Anouilh, textes de présentation dits par l'auteur, une comédie ayant pour vedette
Paul Meurisse. "Théâtrorama N°2" s' annonce en septembre 1960, en supplément au N° 22,
avec sous la même forme et au programme : "Château en Suède", signé Françoise Sagan.
Le troisième et (à notre connaissance) dernier "Théâtrorama" est édité en décembre de la
même année, en supplément au N° 25 et affiche "La petite hutte" d' André Roussin, avec
Fernand Gravey. Ces expériences, limitées dans le temps ne semblent pas avoir obtenu un
succès considérable, aussi font-elles partie des exemplaires les plus recherchés. En parallèle
à celà, la société Sonopresse édite un "Turcorama 1960", qui en 12 pages et 3 gravures
sonores présente en trois langues aux touristes les charmes incontestables de la Turquie, à la
demande du Ministère de l' Information, de la Radiodiffusion et du Tourisme d' Ankara.
Musiques militaires, chants folkloriques et propagande gouvernementale y sont en bonne
place et là encore l' expérience ne semble pas avoir connu de suite.








Théâtrorama, cousin germain de Sonarama, n' a vécu que le temps de 3 numéros



La reprise du flambeau


Début 1964 on voit apparaître dans les kiosques "Spécial sonore - Le magazine sonore de
notre temps" dont le rédacteur en chef est Claude-Maxe, un ancien de l' équipe Sonorama.
Distribué aussi par les NMPP, il se présente comme le "promoteur de la première publication
de presse audio-visuelle". Le format est à l' italienne avec 8 pages en noir et blanc, et le rabat
(court) de la dernière de couverture renferme un seul et unique disque souple 33 tours, gravé
sur les deux faces, soit au total un quart d' heure d' enregistrement. D' entrée de jeu Spécial
Sonore annonce : pas de chansons ni de variétés, mais seulement les "voix, échos, rumeurs et
tumultes de l' univers". Le prix de ce bimestriel, proposé aussi en abonnement, est de 4 F. En
fait, contrairement à Sonorama, Spécial Sonore sera beaucoup plus consacré à un dossier qu'
à une actualité brûlante. Ainsi le N°1 est dédié à JF Kennedy, assassiné quelques mois plus
tôt. Au N° 2 le rabat contenant le disque souple est replié en deuxième de couverture, plus
accessible. A partir du N° 7 de janvier-février 1965, la présentation change, l' inscription
"Spécial Sonore" n' apparaît plus sur deux ronds, l' un blanc et l' autre noir, mais sur un seul
rond à fond rouge et le rabat de couverture devient pleine page, avec quatre encoches
permettant d' immobiliser le disque. Aucun changement notoire n' interviendra jusqu' au 1er
trimestre 1967, avec le N° 19 apparaît une nouvelle présentation de couverture montrant la
reproduction d' un disque en vinyle et, dès le numéro suivant, cette nouvelle image sera encore
affinée par une photo de disque mieux mise en relief (il s' agit en fait de la photo d' un 45 tours
4 titres, cela se remarque à l' espace entre les deux plages et au crantage du pourtour de
l' étiquette centrale).



Vers l' espace


Pour la parution correspondant aux évènements de Mai 68, Spécial Sonore propose 2
disques souples, (ce sera la seule exception à la règle). Le N° 29 présente l' odyssée de
Apollo 11 (c' est le numéro le plus recherché), il sera relayé par le N° 30 intitulé "Spécial
spatial". Avec le N° 33 consacré à De Gaulle (qui a fait la "fortune" de ce genre de magazine),
Spécial Sonore signe (à notre connaissance) son ultime parution. Cette collection a puisé ses
sources sonores à l' ORTF, à RTL, et chez des collectionneurs privés, ce qui nous permet
d' entendre des extraits de documents rarissimes tels que les voix de Guillaume II, Albert 1er
ou Weygand dans le N° 18 consacré à la Grande Guerre, ou encore les voix de Méliès, Abel
Gance, Jean Renoir dans le N° 19 consacré à l' histoire du cinéma. Le N° 15 dédié au Front
Populaire nous permet de retrouver les voix de Léon Blum, Maurice Thorez ou Roger
Salengro, tandis que le N° 22 consacré à la Révolution d' Octobre fait revivre Lénine,
Tolstoï ou Trotsky. Le N° 31 présente un important panorama d' autres voix rares; celles de
Einstein, Churchill, Poincarré, Dreyfus, Eiffel, il est consacré à la période 1900-1970. Pas de
numéros spéciaux pour Spécial Sonore qui est déjà, comme son nom l' indique spécial en
temps normal... Seule chose à signaler: son prix qui passe de 4 à 5 F avec ce N° 22 du
quatrième trimestre 1967, la publicité qui ornait la quatrième de couverture ayant disparu à
partir du N° 17, ceci peut expliquer cela... Cette couverture comporte au N° 20 un "Musée
des voix", détaillant la liste alphabétique des organes célèbres que l' on trouve à partir du N° 1.
La présentation de cette collection reste très sobre, les photos de tailles moyennes sont en noir
et blanc et, en plus des articles, des rubriques "sérieuses" présentent les sorties du moment en
matières de livres et de musique classique ou folklorique.


Un prestigieux héritier


Avec l' arrêt de la publication de Spécial Sonore fin 1970, il semble que la formule ait vécu
et soit morte de sa belle mort (bien que prématurée). En 1982 les Éditions Bordas mettent sur
le marché néérlandais une encyclopédie d' une dizaine de volumes qui voit le jour en France
sept ans plus tard, sous le nom de "Mémoires du XXème siècle". Cette collection a pour
particularité de présenter dans chaque volume 8 planches de 6 petits disques de 6 cm de
diamètre, chaque planche comportant des encoches sur lesquelles vient s' adapter un lecteur
appelé "Mémovox" qui fonctionne sur piles. Il suffit alors d' enclencher la touche de lecture
de l' appareil, sous lequel est placé un capteur rotatif muni d' une pointe de lecture. Pour la
première fois dans l' histoire, le disque gravé est fixe, c' est le lecteur qui tourne ! Chaque
volume est consacré à une décennie, sous forme de luxueuses pages en couleurs et en 48
enregistrements provenant pour la plupart de l' INA mais aussi de sources telles que
Gaumont-Actualités. Ce magazine sonore encyclopédique de luxe vient donc clore l' histoire
de ces publications mixtes et il y a peu de chances pour que le CD prenne la relève.









Spécial Sonore, digne héritier de Sonorama, vivra quelques année de plus. Cette collection,
beaucoup plus rare est très convoitée par les collectionneurs de documents sonores.


Où les trouver et à quels prix ?


Ces magazines sont assez souvent présents dans les conventions de disques et foires aux
vieux papiers, car ils intéressent ces deux catégories de collectionneurs. Les numéros les
plus courants de Sonorama peuvent se dénicher sur les brocantes et vide-greniers à partir
de 10 F, mais attention, ils sont rarement en bon état, les pages sont souvent écornées et
certains disques peuvent manquer quand il n' ont pas tout bonnement été découpés sur le
pourtour pour une question de comodité de lecture. Plus sérieusement le prix oscille entre
50 et 500 F chez les marchands spécialisés, pour des exemplaires en excellent état.

Voici une liste des exemplaires les plus cotés:
- N° 6 avec De Gaulle, Albert Camus, Caterina Valente: 15 ?
- N° 10 avec Jean Cocteau, Paola et Baudoin, BB et Jacques Charrier (en couverture) :
22,50 ?
- N° 20 avec Le Coq de la Chanson, Frankie Avalon, Johnny Hallyday, Pascale Petit
(en couverture) : 30 ?
- N° 23 avec BB (en couverture), Jean-Claude Pascal, Gilbert Bécaud: 22,50 ?
- N° 34 avec Johnny Hallyday en couverture, et la nouvelle formule 5 disques double-
face : 75 ?
- N° 36 avec Guy Béart, De Gaulle, Léo Ferré, Zizi Jeanmaire (en couverture) : 30 ?
- N° 37 avec les mémoires de Pagnol, Vince Taylor, Micheline Presle (en couverture) :
30 ?
- N° 38 avec Pagnol, Sophia Loren (en couverture), Claude Khan : 22,50 ?
- N° 39 avec Bécaud (en couverture), l' histoire de Radio-Conquet, Pétula Clark, Marcel
Amont: 22,50 ?
- N° 41 avec Bernard Gavoty, Anthony Perkins (en couverture), Ray Charles: 22,50 ?
- N° 42 (dernier N°) avec les espoirs de la chanson, le 14 juillet, Pierre Dac : 15 ?
Tous les autres numéros se trouvent pour une somme comprise entre 7,50 et 15 ?, sauf
le N° 0 qui est coté à + de 45 ?.
On peut aussi trouver la collection complète Sonorama, soit les N°s 1à 42, les
Théâtrorama 1,2 et 3, Cuisinorama (un seul numéro), le N° spécial Fausto Coppi -
supplément au N° 15, le tout pour une somme avoisinant 530 ?.

Les Spécial Sonore se négocient entre 7,50 et 30 ? l' unité selon l' ancienneté et la rareté
des documents inclus.
Les numéros les plus cotés sont :
- N° 6: Conquête du Cosmos
- N° 7: Les grands patrons du théâtre
- N° 15: Le front populaire
- N° 16: Saint-Germain-des-Prés
- N° 19: Le cinématographe
- N° 24: Mai 68 (2 disques)
- N° 26: 1914-1918
- N° 27: Apollo 8, Terre-Lune
- N° 29: Apollo 11
- N° 31: 1900-1970

Michel Gosselin

Remerciements à: - Pierre Bouderlique, "Arts Sonores" - Michel Vial - Thierry Liesenfeld
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